Présentations

Comme j’ai eu ma dose de :chocolat: , voici un extrait pour le week-end! :)

Alaia est donc arrivée chez Nessato, qui elle-même vit au temple d’Astarté. Afin de pouvoir commencer son apprentissage au sein de la Maison de Vie, elle doit être présentée aux responsables du culte. La première rencontre laisse entrevoir que sa maîtresse ne s’entend pas fondamentalement avec tout le monde et respecte fort peu les prérogatives de certaines. Un peu de saine rivalité ne fait jamais de mal, n’est-ce pas? :sifflote:

« Elles gravirent quelques marches et passèrent sous le portique de la Maison de Vie. Alaia admira au passage les fines gravures ornant les colonnes : des femmes seulement vêtues de capes de plumes, en train de danser sous un soleil rayonnant. Nessato ne lui laissa guère le loisir de les examiner, elle la poussa doucement à l’intérieur.
Un couloir ouvert sur deux pièces à droite et à gauche les accueillit. Nessato le traversa pour monter un escalier éclairé de torchères. Un parfum d’encens et d’huile flottait dans l’air, et des voix posées et studieuses résonnaient depuis les salles du rez-de-chaussée. Alaia n’avait eu le temps que d’y entrapercevoir des silhouettes vêtues de blanc. […] L’escalier les mena dans un autre couloir, lui même aboutissant sur une large porte dissimulé par un rideau transparent. La lumière du jour s’en échappait, comme si la pièce était baignée de soleil. Alaia sur les talons, Nessato franchit le seuil d’un pas décidé, faisant irruption dans la salle sous les yeux médusés d’une femme. Assise derrière une table rectangulaire, elle resta interdite, un papyrus à la main. Plantureuse, brune de peau et de cheveux, elle approchait la quarantaine, un âge respectable, et portait une robe blanche à manches serrées, ornée d’un lourd collier d’or couvrant ses épaules. Ses sourcils se froncèrent au-dessus de son nez busqué, et la colère brilla dans ses prunelles marron.
— Je ne t’attends pas, se borna-t-elle à dire.
— C’est normal, Sebebess, je ne suis pas là pour te voir.
— Gardienne Sebebess… corrigea froidement la femme. Sans motif valable, tu n’as rien à faire ici.
— Où se trouve Sak’Hathor ?
Les mains posées sur la table, Sebebess toisa la houri. Alaia retint son souffle devant la tension palpable dans l’air. La prêtresse se leva lentement, ménageant son effet.
— Tu n’as aucune raison de l’importuner… Elle n’est pas à ta disposition, Nessato !
Cette dernière sourit en repoussant ses tresses dans son dos.
— Tu fais erreur. Dame Sak’Hathor a expressément demandé à me voir. Tu n’étais pas informée ? s’enquit-elle avec onctuosité.
Les lèvres pincées et le menton arrogant, la gardienne frappa dans ses mains. Quelques instants plus tard, un gracieux jeune homme vêtu d’un long pagne blanc et de sandales en corde entra par une porte adjacente. De courtes nattes ornées de perles multicolores voletaient autour de son visage.
— Intendante Sebebess, que puis-je faire pour toi ?
Il s’inclina devant la houri et joignit ses poings sur son torse finement sculpté. La prêtresse l’interrogea sans ambages :
— La vénérable Sak’Hathor aurait demandé à la voir ? Pourquoi ne pas être passée par moi, Ehotep ?
Un étonnement sincère — ou remarquablement feint — se lut dans les yeux verts du jeune homme.
— Intendante, je suis navré. Il y a erreur. Notre vénérable a réclamé l’enfant.
Il désigna Alaia de la main. Sebebess la considéra avec circonspection, un sourcil levé, comme si elle venait de remarquer sa présence. Derrière Nessato, l’objet du malentendu faisait son possible pour disparaître, art qu’elle maîtrisait à la perfection.
— Que signifie ? Qui est-ce ?
Nessato amena Alaia devant elle. Intimidée, celle-ci joua nerveusement avec une de ses mèches cuivrées.
— Mon apprentie, Alaia.
— J’ignorais que tu comptais transmettre ton savoir, Nessato. Se pourrait-il que tu aies acquis un peu de maturité ? (elle dévisagea Alaia avec sévérité) Je suis l’intendante Sebebess, jeune fille. Je porte aussi le titre de Gardienne de la Flamme. C’est moi qui m’occupe de l’intégration des nouvelles venues, ainsi que de tout ce qui a trait à la gestion du temple.
Elle s’approcha de la petite et s’immobilisa, impassible. Après quelques instants, elle s’impatienta devant le mutisme de l’enfant. Curieusement, ses reproches s’abattirent sur Nessato.
— Tu dois lui apprendre les usages ! saluer en est un ! D’où la sors-tu ?
— De prison, répondit Nessato en riant. Je ne m’inquiète pas pour le protocole, vous saurez le lui inculquer dans cette maison. »

Je me suis dit que quelques présentations vous aideraient à mieux appréhender l’endroit où Alaia va passer un p’tit moment. J’aime bien inclure des tranches de vie dans l’histoire, j’espère que ça ne vous saoulera pas trop :ronge:

Challenge semaine 13

Hello,

les nouvelles du jour: Alaia commence son apprentissage, donc elle ne sera pas dispo aujourd’hui, trop de boulot! :hihihi:

Du coup, aujourd’hui, on part en promenade à Akhaba, dans la tour du Croissant d’Argent, retrouver Andros Andros, la force du fruit :sifflote: . Cela faisait quelques années qu’on avait plus de nouvelles. De son côté, l’apprentissage est fini, il est un mage à part entière. Sauf que c’est pas la joie pour autant; ses rêves persistent, ils sont de plus en plus forts, et l’attitude de son maître ne fait qu’accroître les inquiétudes du jeune homme. Après un énième cauchemar (que je ne vous raconterai pas ici :spoiler: ), il décide de se confier à Arpanispal. La conversation va prendre une tournure déplaisante:

« Andros se redressa dans sa couche, en sueur. Il poussa un cri de rage, et frappa le montant de son lit. Les cheveux collés au front, il reprit son souffle, étonné de la violence de sa colère.
— Pourquoi suis-je le seul à voir ça ? se lamenta-t-il.
Combien de fois avait-il posé cette question ? Des centaines, peut-être. Il devait faire avec, hélas. Les rêves étaient propres à chacun, répétait Arpanispal, et seul Andros pouvait en modifier l’issue.
Torse nu, ses boucles acajou ébouriffées, il s’assit au bord du lit, scrutant les ombres dans sa chambre. Il s’approcha d’une fenêtre et tira le rideau opaque, laissant entrer l’air frais dans la pièce. Les premiers rayons du soleil le rassurèrent, ils allaient bientôt rosir le ciel et chasser la nuit.
Il repensa à son rêve, mais déjà celui-ci s’effilochait dans son esprit. Il se lava le visage dans une cuvette d’eau tiède. Il frissonna devant son reflet ; pâle, les yeux cernés, la joue creuse. Son maître l’avait prévenu que ce serait difficile. Andros n’avait pas imaginé à quel point. Des années de labeur, de concentration. Des semaines entières de jeûnes et d’ascèse. Ses efforts l’avaient élevé dans la hiérarchie de la tour, mais ne résolvaient pas son problème. Le songe qui hantait ses nuits demeurait sibyllin. C’était très frustrant. L’ordre n’avait nul besoin d’un Clairvoyant incapable d’interpréter ses visions !
Il soupira tristement en se vêtant. Une robe de soie bleue avait remplacé sa vieille tunique grise d’apprenti. Maigre consolation devant son incompétence. Il ferma les paupières, dans une nouvelle tentative pour rassembler les pièces de son rêve. Mais seule l’image brûlante de la reine apparut. Rousse, incandescente, sublime. Il chassa un flot de pensées inconvenantes de son esprit. La chasteté était de rigueur au sein de l’ordre. La déesse s’en moquait; elle éveillait en lui des pulsions en le toisant de ses grands yeux bleus, un sourire enjôleur aux lèvres. Où était-ce autre chose? Était-ce de nouveau cette fille?
— Ah, les femmes! pesta-t-il en bouclant son ceinturon.
Il devait en parler à Arpanispal, et faire en sorte que le vieil homme l’écoute. Il quitta sa chambre et monta directement au sommet de la tour. Sans surprise, Arpanispal s’y trouvait. Son bol de tisane froide était toujours sur la table, intouché. Depuis combien de temps ne dormait-il plus ? Andros l’examina avec inquiétude. Il avait tant changé. Pas physiquement, non. Mais son esprit vacillait. Depuis des mois, le vieux sorcier ne l’aidait plus. Perdu dans les étoiles, il parlait tout seul, à voix basse. Parfois, Andros le voyait effleurer avec tendresse cette horrible tiare d’ivoire éternellement posée sur son front. Il l’avait toujours connu arborant cette couronne de cornes dont l’une manquait, brisée à sa base.
Le jeune homme s’approcha et rajusta le manteau bleu sur les épaules d’Arpanispal. Celui-ci sursauta et le regarda un instant, hébété. Puis, il lui sourit sous sa barbe noire.
— Andros… sans cesse à t’inquiéter.
— Bien sûr, maître.
— Je sais pour quelle raison tu es ici.
— Vraiment ? Alors pourquoi ne m’aides-tu pas à y voir clair ? J’ai besoin de toi. Mes visions sont chaque jour plus violentes.
Arpanispal se leva lentement. Malgré les années, il était toujours plus grand qu’Andros. Ses yeux rougis de fatigue se posèrent sur la lentille.
— Je ne peux pas, mon garçon. Certaines lignes de vie ne doivent pas être altérées. Parfois, il faut se contenter d’observer le changement sans intervenir.
— Comment ? Je croyais pourtant que tu voulais qu’on se prépare. C’est pour cela que tu m’entraînes depuis tant d’années. Pour lutter contre l’ombre qui s’étend !
Arpanispal tritura sa couronne en penchant la tête.
— Il ne peut pas… il est trop jeune, trop pur…
— À qui parles-tu, Maître ? demanda doucement Andros.
— Tu ne peux pas empêcher l’éveil, Andros. Tu ne dois pas le faire. Ne comprends-tu pas ? Le Dieu Noir s’adresse à toi ! Tu dois l’écouter ! »
Si vous êtes tout plein à me le demander, je mettrai peut-être la suite en ligne, à voir! ;)