Challenge semaine 7

Cette semaine, un passage qui montre l’envers du décor chez les Musaraignes. On y découvre Thémis et Nizul face aux préparatifs de leur projet qui, s’il fonctionne leur fera grimper pas mal d’échelons dans la Confrérie.

« — Je hais Phéos, j’aimerais lui faire rentrer son fiel au fond de la gorge, dit Thémis en accélérant le pas.
— Apparemment, c’est réciproque, répondit Nizul en souriant. Il n’a pas l’air de te tenir en haute estime.
Le jeune chef le foudroya du regard.
— Ce gros sac de lard passe son temps à nous rabaisser ! J’te jure, un jour, je lui règlerai son compte !
— C’est pas une bonne idée, Them’. Le lieutenant du Chat, vaut mieux pas le contrarier. En plus, t’as vu ses couteaux ? Jamais vu des lames aussi tranchantes !
— Ben, c’est pas le Boucher pour rien…
Son bras droit avait raison, et cela agaçait fortement Thémis. Devoir attendre, subir, sans rien dire, il en avait plus que marre ! Sa bonne humeur revint lorsque Nizul se prit les pieds dans une racine et s’affala par terre. La nuit était tombée depuis longtemps et le chemin pour regagner la ferme abandonnée était difficile à distinguer dans le noir.
— Tu vas te la prendre tous les soirs celle-là ! se moqua-t-il.
— Oh merde ! Thémis, faut vraiment qu’on change de planque. J’en ai marre de passer par là, on y voit rien !
Passablement énervé, Nizul se releva et essuya ses mains couvertes de terre. Thémis eut un sourire jusqu’aux oreilles.
— Ne t’inquiète pas, mon ami. Après ce qu’on va faire demain soir, notre vie va changer !
[…]
— J’espère que Baast sera avec nous, j’adorerais quitter cet endroit minable.
— Et moi donc ! Phéos sera obligé de ramper devant moi pour s’excuser après ça. Si ça se trouve, je prendrai sa place, à ce vieux bouc !
Depuis que Thémis connaissait le Boucher, celui-ci ne cessait de mettre en doute ses compétences. Il était toujours trop jeune, trop insouciant, trop… trop tout ! Il avait éclaté de rire quand Thémis avait annoncé son projet lors d’une soirée au Mulet, la maison de bière la plus infecte du port.
— Regardez-moi ce rat qui prétend jouer au chien de guerre ! avait-il lancé à la cantonade.
Tout le monde s’était gaussé, bien entendu. Thémis aurait voulu étrangler ce salaud.[…]« 

Et où l’on découvre que le sentimentalisme revêt bien des aspects :)

« — En cas de problème, reprit-il, on reste sur le point de repli qu’on a décidé.

— La grotte côtière ? D’accord. C’est un peu loin, mais ça me paraît sûr. J’y conduirai Merit demain dans la journée, si ça ne te gêne pas.

— Ma parole, tu y tiens à cette fille!

— Je l’aime bien, c’est un fait. Rien de plus… et puis, qui cuisinera si elle n’est plus là ?
Les sentiments du garçon pour la pétillante Merit n’étaient un secret pour personne. C’était la seule raison pour laquelle Thémis ne l’avait jamais touchée. Il connaissait Niz depuis si longtemps que ça aurait été comme trahir son frère. Dommage, d’ailleurs, car ce grand benêt restait platoniquement accroché à cette fille, qui en jouait avec talent. Ça avait le don de l’agacer ; il n’attachait que peu d’importance à ses camarades, mais curieusement, Nizul et lui étaient comme du même sang. Elle s’amusait avec lui, Thémis en était certain. Si au moins cette idiote avait été aussi efficace pour ramener du butin que pour accommoder le rat bouilli, cela aurait été plus utile…
— Je plaisante, Nizul. Si j’ai un ami dans ce bas monde, c’est toi. Fais comme tu veux.
— Tu ne veux pas que j’y emmène Alaia ?
Il lui jeta un coup d’œil en biais, guettant un signe de colère. Thémis avait tendance à s’emporter quand on abordait le sujet. Mais non, il resta étonnamment calme, secouant simplement la tête.
— J’ai besoin de ses talents. Elle est rapide et a des doigts en or. Ce serait dommage de m’en priver…
Il se tut soudain. Il pouvait presque humer le parfum de ses cheveux cuivrés dans l’air.
— Tu fais une drôle de tête, Them’. Depuis quelques temps, t’es pas dans ton état normal. Tu as un problème ?
— Non, rien… ça va. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je n’ai jamais eu envie de posséder et de briser quelqu’un d’une manière aussi pressante… Je crois que je suis amoureux, Niz’ !
Son ami lui donna une claque amicale dans le dos en éclatant de rire.
— Amoureux hein ! T’as quand même une drôle de façon de lui montrer, tu sais ! »

Cette scène est le prélude à ce qui risque d’être un tournant dans la vie de nos « héros »! Dans le prochain extrait, on retrouvera Alaia en plein boulot, et si j’ai encore assez de place, un peu de Cordo! ;)

Special guest

Coucou,

Un p’tit clin d’œil amical à mon amie grenouille laskane, qui a eu la gentillesse de me faire lire son roman « Phendora », et qui en plus me marraine sur mon challenge Cocyclics! :)

Alors voilà le beau gosse de l’histoire, le charmant Theos, à qui j’ai essayé de rendre justice! Il est encore à l’état d’esquisse, mais ça vous donnera peut-être envie de découvrir le roman quand il sortira! ;)

theos

Aujourd’hui, c’est le jour du dessin!

Chez moi c’est en Alsace, c’est vendredi sein saint! Pour fêter ça, et compenser le fait que mes vacances auront été assez improductives niveau écriture, j’ai fait quelques petits dessins. Aujourd’hui, c’est une Alaia façon Pin-up que je vous offre! ;-) AlayaCopic2b Je l’ai réalisée en piquant les Markers Copic de mon chéri! Je ne suis pas mécontente du résultat, même si faire des cheveux aux feutres s’est révélé pour le moins compliqué! Oui, je sais, elle est seins nus, mais c’est pour attirer un public masculin, faut ce qu’il faut ! :)

Le fleuve-dieu

Dans la continuité de l’extrait précédent, qui traitait de Charid et des conséquences de son insubordination, j’ai choisi ce passage d’une part parce qu’il est un prolongement au drame qui a touché les Musaraignes, et d’autre part, parce qu’il me permet de traiter d’un endroit essentiel en Kemet, le fleuve Neilos.
Les kemites l’appellent le fleuve dieu. C’est par son courant que les âmes rejoignent les royaumes divins à leur trépas, c’est l’un des bras du dieu Noun, essence primordiale du monde. Au fond du fleuve, de nombreux esprits sont connus pour taquiner les mortels, mais aucun n’est aussi redouté que Sobek, fils de Noun, dieu crocodile et maître de la vengeance. Celui qui prie Sobek sera assuré d’obtenir réparation, mais devra en retour payer le prix du sang… on a rien sans rien ! :psycho:
La peine et la colère d’Alaia sont comme des gouttes de sang versées dans un bassin à requins, et le maître des lieux ne tarde pas à venir les goûter… pardonnez la qualité de l’extrait, c’est vraiment du pur premier jet d’hier matin, pas eu le temps de le corriger, mais j’avais envie de le partager avec vous ! :love:

« L’eau était froide, noire et opaque. Alaia s’en moquait, elle voulait simplement s’y enfoncer, disparaître, ne jamais retourner dans les bras de Thémis. Rejoindre Charid, où qu’il soit. D’un mouvement des bras, elle plongea plus au fond, ses pieds s’enfoncèrent dans le sable. Il était encore plus froid. Le silence l’apaisa. Elle ouvrit lentement les paupières. L’eau lui piqua les yeux. Soudain, une horrible pensée la traversa : voulait-elle vraiment en finir ? Était-elle en train de se noyer, volontairement ? Un mouvement dans l’eau, une ombre longiligne à l’extrémité de son champ de vision. Elle tourna la tête, ses cheveux flottant tout autour d’elle. Remonte ! Ses pieds profondément fichés dans le sable refusèrent de décoller. La peur l’étreignit. Elle sentit un contact derrière elle, étrange, froid mais pas désagréable. Comme des écailles frôlant sa colonne vertébrale.
— On dirait que tu es tombée du ciel, jeune mortelle. Tombée dans mes eaux, pour t’offrir à ma vue.
La voix se détachait au cœur d’un grognement étrange. Une voix masculine, rauque, effrayante. Son propriétaire se tenait toujours dans son dos, hors de portée de son regard.
— Laisse-moi t’aider à te venger, belle enfant. Si tu te donnes volontairement à moi, Ton ennemi connaîtra le poids de ta légitime colère. Il te suffit de me le demander, et mes enfants te répondront…
— Qui es-tu ? Pourquoi te caches-tu ? Osa demander la jeune fille.
Elle avait formulé sa pensée aussi distinctement que possible dans sa tête, ne sachant s’il l’entendrait.
— Je suis le seul maître de ces eaux, le roi du fleuve. Je te tiens dans mes bras, voilà pourquoi tu n’es pas encore noyée. Offre-toi à moi, je te donnerai ce que souhaites en retour.
— Pourquoi ferais-tu cela ?
— Parce que tu es belle, si belle. J’ai désespérément faim, et suis toujours seul. Le sang de Thémis, ainsi que ta compagnie, me combleraient.
— Je suis en train de mourir, c’est un rêve, tu n’es pas vraiment là.
Un courant léger tourna autour d’elle, et une silhouette se forma devant ses yeux. Boucles brunes, visage fier, regard déterminé. Et ses lèvres prêtes à se poser sur les siennes.
— Charid, gémit-elle.
— Je suis là, prêt à veiller sur toi, comme toujours. Dis que tu le veux, prononce ton souhait, dis à quel point tu veux sa mort.
Son visage était presque contre le sien. Alaia ne pouvait pas y croire. Charid s’était donc noyé, son esprit venait la hanter ?
— Pense à ce qu’il m’a fait subir, sous tes yeux, songe à ce que tu endures, à cause de lui… unis-toi à moi, dis-le !
Un courant plus fort repoussa soudain Charid loin d’elle. Une lumière rouge se mit à briller dans les ténèbres, et une voix féminine s’éleva.
Ne la touche pas, stupide reptile ! Elle ne t’est pas destinée !
De l’eau s’infiltra dans les poumons d’Alaia, qui sentit ses yeux se révulser. »

C’est par les eaux du fleuve que les dieux ont le plus de facilité à communiquer avec les mortels, dérogeant ainsi avec le Voile supposé leur interdire l’accès à leur monde. Ceci explique pourquoi de nombreux rituels religieux vont avoir lieu aux bords du Neilos.

Challenge semaine 6

Cette semaine, je suis en vacances ! c’est l’occasion de me concentrer un peu, de rassembler mes idées. Avec l’aide toujours essentielle de Steph, je me suis attaquée hier au mapping de mon roman, afin de mettre de l’ordre dans mes chapitres. Un tableur Calc et hop, un plan complet et détaillé, dont le modèle m’ouvre des portes pour le tome 2, bien vu! Cela m’a permis de cibler les éléments qui me restent à écrire pour peaufiner l’histoire (quelques scénettes, notamment autour d’Andros, le pauvre chéri :love: ) Charid a aussi passé quelques épreuves hier, pas de tout repos!

Ce matin c’est Cordo qui en a pris pour son grade, il me manquait une intro correcte chronologiquement, c’est chose réglée !:romain:

Demain, je vais tâcher d’en finir avec l’apprentissage d’Alaia, mais c’est une partie qui me bloque un peu, donc je ne promets rien. D’ici là, pourquoi pas un peu de dessin pour me détendre? :)

Challenge semaine 5

Bonjour tout le monde!

Ces jours-ci, j’avoue être en phase de blocage sur une partie importante concernant Alaia. Son apprentissage me pose problème. J’essaye de rendre cette phase intéressante pour le lecteur, mais je ne suis pas satisfaite. :perplexe: Même si l’avantage du roman choral me permet d’alterner des parties « lentes » et des parties d’action, je ne veux pas laisser mon personnage principal à la rue sous prétexte que ce n’est pas un perso « bourrin ». Donc, phase recherche et prise de notes à la recherche de l’idée :ampoule: qui va bien !:)En attendant que mes idées se bousculent au sujet d’Alaia, je vous présente un autre personnage important: Le capitaine Taleb, chef de la garde de Busiris.

Taleb occupe cette fonction depuis seulement deux ans. Son prédécesseur ayant succombé à un « tragique accident », l’ancien mercenaire de la Compagnie du Lion a été plébiscité pour lui succéder.
Homme droit et strict, Taleb n’est pas très aimé de ses hommes. La garde était jusqu’ici habituée des pots-de-vin et des patrouilles tranquilles; elle doit aujourd’hui composer avec le tempérament zélé de son nouveau commandant.

« — Tu es prêt mon ami ? murmura Taleb en flattant l’encolure de son cheval. On va bien s’amuser aujourd’hui.
Taleb leva la tête et observa le ciel. Oui, la journée serait idéale pour sortir. Le vieux hongre souffla bruyamment et gratta un sabot par terre. Comme son maître, il était impatient de se dépenser.[…]
[…]Taleb fourbit ses armes. Le capitaine était toujours prêt au combat, et veillait à entretenir quotidiennement son équipement avec le plus grand soin. Ses gestes routiniers étaient le vestige de quinze années passées au sein d’une troupe de mercenaires. Quinze belles années de voyages, de découvertes, mais aussi de désillusions. Son caractère droit et constant lui valait des moqueries de la part des membres les plus jeunes, et la voie prise par la Compagnie du Lion entrait en contradiction avec son éthique. Le commandant Torok, chef des Lions, choisissait ses contrats sans se poser de question. Il ne cessait de mettre les scrupules de Taleb sur le compte de son âge.
« Tu te fais vieux, mon ami, lui répétait-il souvent, tu n’as plus la hargne qu’il faut pour ce métier. » « 

Les préoccupations de Taleb concernent les pillages de caravanes le long des routes menant à Busiris. Une troupe d’esclave en fuite semant la terreur parmi les marchands itinérants. Malheureusement, il doit se plier aux décisions de l’administrateur de la cité, qui a d’autres sujets en tête. Sahouré, c’est un peu le pauvre gars chargé de recevoir les doléances des citoyens, et de leur apporter des réponses. Or, il se trouve que la demande émane d’un homme important, rencontré par les enfants au début du roman. Ceux qui m’ont suivie sur Ipagination me comprendront :)

« Le capitaine enfourcha sa monture et fit un signe de la main. Alors que les cavaliers allaient quitter la caserne, un fonctionnaire maigrichon se présenta à lui. Taleb tiqua ; la visite d’un scribe était toujours synonyme de corvée ennuyeuse.
— Capitaine, dit l’homme sur un ton formel, Maître Sahouré t’attend toutes affaires cessantes.
La parole d’un haut fonctionnaire royal avait force de loi. La patrouille devrait attendre….
L’Intendant était âgé, mais en bonne forme, le crâne rasé, vêtu d’une tunique de lin clair bien taillée et d’un lourd collier représentant sa charge. Son bureau était rempli de rouleaux de papyrus, soigneusement rangés dans des alcôves murales. Au grand déplaisir de Taleb, Sahouré n’était pas seul. Un homme gras et dégouttant de sueur était assis sur un siège, éventé par une jeune fille minuscule derrière lui. Taleb reconnut Maître Khem, serviteur de la maison de Kleos, un imbécile dont le passe-temps consistait à invectiver tout le monde, à se plaindre si le soleil était trop chaud, ou s’il ne daignait pas se montrer.
— Ah, Taleb, s’exclama Sahouré, te voilà. Nous avons des sujets graves à évoquer.
— J’en suis sûr Administrateur, répondit le capitaine, et si je peux t’aider, sois certain que je le ferai. Mais je m’apprêtais à partir en patrouille pour défendre les alentours de la cité et…
— Oui oui oui, l’interrompit le fonctionnaire en levant la main, j’ai entendu parler de tout cela ! Mais vois-tu, Maître Khem ici présent est venu relater une histoire déplaisante à mes oreilles, qui requiert de notre part une grande attention.
Ledit Maître Khem essuya son front luisant de sueur grasse en observant Taleb sans aménité.
— C’est le moins que l’on puisse dire, cracha le marchand, en effet ! Pendant que nos gardes poursuivent des bandits imaginaires dans le désert, les honorables citoyens de notre belle cité subissent les attaques répétées d’infâmes voleurs, et personne ne semble s’en préoccuper !
— Nous prêtons une grande attention à la sécurité de Busiris, Maître Khem, assura Taleb, si toi-même tu as été victime d’un vol, nous ferons notre possible pour trouver les coupables.
— Un vol ? J’ai été sauvagement agressé, tu veux dire ! éructa le petit homme. Ils se sont jetés sur moi, comme des vautours, et m’ont dérobé ma bourse ! J’ai été frappé, et mon garde a été blessé ! Comment expliques-tu que ces vermines puissent œuvrer en toute impunité et piller les biens de mon seigneur ?
— Tu m’en vois navré, Maître Kh…
— Ah ! Ah, tu es navré ? Tu peux l’être, oui ! Pendant que tes hommes et toi battez la campagne à dos de cheval en chassant des courants d’air, nous les citoyens, nous souffrons ! Je ne suis pas le seul à me plaindre de toi, capitaine Taleb, de nombreux marchands sont d’accord avec moi, se rengorgea-t-il.
Taleb blêmit de colère devant l’invective. Depuis quand un serviteur se permettait de telles familiarités ? « 

J’aime bien ce personnage, un type posé, droit, plutôt sympa, mais qui va se retrouver en étau entre ses convictions et les devoirs inhérents à sa charge.

Challenge semaine 4

Je vous présente cette semaine une importante faction: Minos. Composé entre autres de Kreitos l’île-volcan, Dys l’île garnison et Lemnios l’île farniente, l’archipel tire sa force d’un peuple discipliné, rigoureux, militarisé, et de sa redoutable flotte. De par sa nature belliqueuse, le peuple minoen est plutôt mal perçu par ses voisins, principalement Aethalia, à qui Minos a volé les îles élénites il y a fort longtemps.
Si l’on devait désigner des méchants dans le roman, ben ce serait eux :psycho: Toutefois, ce serait quelque peu réducteur; les minoens sont de grands artistes en plus d’être des navigateurs intrépides. Leurs palais sont raffinés, leur culture riche ( ok, riche des oeuvres d’art étrangères aussi, c’est vrai^^) et la plupart des minoens sont lettrés. C’est un peuple fier et indépendant qui vénère un héros déifié, le valeureux Nargaal, qui eut le courage d’affronter le taureau céleste.

Taureau céleste

 

 

 

 

 

 

 

 

L’un de ses descendants, le seigneur Cordo, arbore d’ailleurs le taureau blanc comme symbole de sa maison, pour rappeler au peuple les hauts faits de sa famille. Évidemment,si vous leur posez la question, les minoens vous diront que leur réputation de pirates conquérants, de démonistes mangeurs d’enfants et de tortionnaires ne sont que ragots de voisins jaloux, et que Minos ne fait que vivre selon ses rites et croyances :ange:
L’archipel est dirigé d’une part par un conseil de seigneurs, mais surtout par la main puissante du seigneur Atréis, mage respecté et accessoirement immortel. Cet homme charmant qui aime invoquer des démons à ses heures perdues ne travaille que dans un seul but: devenir l’égal des dieux en terme de pouvoir.
Lorsque le ciel s’est embrasé, il a senti l’immense pouvoir qui avait traversé le Voile, et depuis il en a fait sa croisade perso :hiii:
Avantage: ses voisins peuvent dormir tranquille, les incursions minoennes se sont raréfiées depuis plus d’une décennie.
Inconvénient: ses conseillers dévoués prennent tous du maalox, car l’objet de sa convoitise reste hors de sa portée :pleure:

Pour vous situer l’ambiance qui règne en Minos voici un extrait (3519 sec)vous présentant le seigneur Cordo de Cythères, l’un des plus proches conseillers d’Atréis. Ce dernier a envoyé un émissaire le quérir dans son palais.

« Ce matin, Eumédios, envoyé de l’Académie, était arrivé à Cythères et réclamait une audience. Le seigneur Cordo, lui-même initié aux arts sombres, mesurait l’influence de cette école sur la politique minoenne. Son devoir envers le puissant Atréis lui imposait de réserver le meilleur accueil à ce messager, d’aussi basse extraction fût-il. Traversant le dédale de couloirs qu’il connaissait par cœur, il se remémora tout ce qu’il savait de son visiteur, de son aspect physique à ses accomplissements au sein de l’Académie. Il avait rencontré le jeune mage une fois ou deux, et force était de constater qu’il ne lui évoquait que peu de souvenirs. Un gringalet de plus en robe grise, à la voix mielleuse, à cela se résumait l’image laissée par Eumédios dans son esprit.

Un esclave portant un plateau chargé d’une carafe et de gobelets en métal croisa son chemin et s’agenouilla aussitôt, en veillant à ne rien renverser. Dans un bruissement de cape, Cordo passa la porte sans lui accorder un regard et se rendit dans une pièce lumineuse et richement décorée, aux murs couverts de fresques colorées ; le seigneur appréciait les scènes dépeignant la mer et les navires. Le serviteur entra à son tour et posa les rafraîchissements sur une lourde table de chêne. Il s’éclipsa aussi discrètement qu’il était venu.

Le maître des lieux marqua un temps d’arrêt pour observer attentivement son invité, un homme d’aspect juvénile, aux joues rondes, arborant un fin collier de barbe soigneusement entretenu. Ses cheveux blonds cendrés tombaient en boucles molles autour de son visage, retenues par un simple bandeau de métal sur son front. Ses paupières lourdes aux longs cils accentuaient l’impression d’indolence émanant de lui. Néanmoins, ne manqua pas de noter Cordo, il portait désormais la toge rouge des étudiants comme preuve de son Don et de sa persévérance. Son bâton de marche reposait contre l’accoudoir d’un fauteuil duquel il se leva pour saluer le seigneur de Cythères.
Celui-ci planta ses prunelles de glace dans les yeux du sorcier, lequel se donna du mal pour garder une contenance. Il était difficile de ne pas être impressionné par Cordo ; il dominait la plupart des hommes de ses six pieds de haut, et ses yeux bleu-glace presque transparents avaient le pouvoir de pétrifier n’importe qui. Son visage taillé à la serpe, à la peau pâle, avait acquis la sagesse de la maturité, mais conservait fermeté et noblesse. Il portait les cheveux longs, retenus par un lacet de cuir dans son dos, et leur éclat argenté accentuait son aspect lugubre. Cordo approchait de la quarantaine, mais sa musculature roulait encore au moindre de ses mouvements. Il ne quittait que rarement sa cuirasse sombre sur laquelle on distinguait la tête d’un taureau, le symbole de sa maison.
Conscient du malaise de son invité, le maître des lieux se fendit d’une esquisse de sourire.
— Eumédios, dit-il, je suis satisfait de voir que tu te portes bien. (Sa voix froide n’en laissait rien paraître.)
— Seigneur Cordo, permets-moi de t’adresser mes hommages. Être accueilli dans ta demeure est un grand honneur.
— Je vois que tu as progressé rapidement. Le rouge, voilà une bonne nouvelle.
— Je te remercie de l’avoir noté, s’empourpra le jeune homme. Je ne pensais pas que tu te souvenais de moi.
— J’ai une excellente mémoire. Je t’en prie, Eumédios, profite de mon hospitalité. J’ai demandé que l’on te fasse goûter un vin tout à fait savoureux. Nos vignes ont donné des fruits délicieux. Ensuite, tu pourras me transmettre ton message. »